Je m’appelle Pierre-Antoine Van. Pendant vingt-neuf ans, j’ai cru qu’il me fallait apprendre à voler comme les autres : taire le bruit, traduire les regards, cacher l’épuisement. Le diagnostic n’a pas changé mon ciel. Il m’a rendu mes propres ailes.
Le 22 janvier 2026, à la Mairie de Paris, les Inspiration.s Awards m’ont remis le Prix Temple Grandin — Neurodiversité. J’ai pensé à l’enfant que j’étais, puis à ces vingt-neuf années passées sans diagnostic. Ce trophée porte mon nom, mais son écho appartient aussi à toutes les personnes autistes que l’on écoute encore trop peu. Je ne l’ai pas reçu comme une arrivée : il a donné plus d’altitude à mon combat pour changer les regards, sans rendre nos réalités plus sages qu’elles ne le sont.
INSPIRATION.S AWARDS MAIRIE DE PARIS · 22 JANVIER 2026Mes Ailes ont gagné de la portance.
Vingt-neuf ans avant de trouver ma propre piste d’envol
Je ne raconte pas l’autisme depuis le sol. Je vous prête mes ailes pour le traverser.
À vingt-neuf ans, le diagnostic a posé un nom sur ce ciel que je traversais sans carte. J’ai enfin compris les silences trop lourds, les passions où je respirais mieux et cette fatigue de devoir sans cesse décoder les autres.
Mes livres naissent là : dans le masking qui serre la gorge, dans l’amour que l’on croit parfois interdit aux autistes, dans les blessures que l’on voudrait nous faire taire. Je n’écris pas pour arranger la réalité. Je lui rends sa voix.
Changer le regard sur l’autisme est mon combat. À chaque page, j’essaie d’ouvrir une brèche dans les clichés — assez large pour que nos différences puissent enfin déployer leurs ailes sans demander la permission.
Mon ciel intérieur. Mes propres ailes.
29ans avant que mon ciel porte enfin un nom800+livres envolés de main en main70+rencontres pour faire atterrir les clichés1prix Temple Grandin — une plume devenue porte-voix
Changer le regard, sans baisser les yeux
Faire voler les mots. Faire tomber les clichés.
Trop longtemps, d’autres ont parlé de l’autisme à notre place. J’ai choisi la plume pour reprendre ma voix. Dans mes livres, face aux médias ou au milieu d’une dédicace, je ne cherche pas à rendre l’autisme plus confortable à regarder. Je veux le montrer vivant, multiple, amoureux, cabossé — humain, enfin.
La joie aussi sait prendre son envol.
🪽
Je n’écris pas pour que l’on admire mes ailes. J’écris pour que plus personne ne demande à un autiste de les replier afin d’entrer dans le cadre.
Pierre-Antoine Van · Une plume debout, les ailes ouvertes.