Face à Sympathique Média, j’ai parlé du masking sans définition savante. Je l’ai raconté comme je le vis : ce contrôle permanent du regard, du sourire, de la réponse et du geste. Une conversation paraît ordinaire ; à l’intérieur, je passe pourtant chaque seconde à vérifier si je joue correctement le rôle attendu.
Cette adaptation peut donner l’illusion de la facilité. Elle a un coût que l’on ne voit pas : surveiller mes mots, filtrer les bruits, corriger mon corps, jusqu’à ne plus avoir assez d’air. J’emploie parfois le mot « Kéronisé » pour dire cet état de saturation où continuer à paraître devient impossible.
« Pourquoi les personnes autistes devraient-elles toujours s’adapter, pendant que la société refuse de changer de regard ? »
La question centrale de l’entretien reste la mienne : pourquoi le mouvement devrait-il toujours venir des personnes autistes ? Changer le regard sur l’autisme, c’est aussi demander à la société de faire sa part du chemin.
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